Au moins une fois par an, les indiens huichol accomplissent un voyage jusqu’à Wirikuta, le lieu sacré situé dans le désert près de «Real de Cartorce» à San Luis Potosi. Ce pélerinage au domicile du Frère Ainé Cerf s’effectue à travers 1 500 kilomètres de montagnes, rivières et désert pour aller rendre hommage à leurs dieux et «chasser» le peyolt divin. Cette pélerinage a probablement commencé il y a plus de trois mille ans.

Wirikuta est un lieu sacré où a débuté la création, où les dieux reposent, où le peyotl pousse et où le soleil est apparu pour la première fois.
Pendant l’année, les indiens font aussi des voyages vers d’autres lieux comme San Blas au bord de la mer pour laisser des offrandes à Aramara, la déesse des eaux. Ils vont aussi dans d’autres endroits pour faires des dons à différents dieux et divinités.

Pour la plupart d’entre nous, ces tableaux ne peuvent pas avoir la même signification qu’ils ont pour les indiens huichols. Nous pouvons seulement admirer leur culture et apprécier le lien qu’ils percoivent entre leurs vies et les éléments de la nature. Cet art a une force, une énergie et une intensité, une vision et une connection avec la vie. Espérons que cette force ne s’affaiblisse pas et que ces indiens ne deviennent pas trop «civilisés».

Un profond sentiment religieux imprègne tout leur travail et les visions agissent pour les relier à la vie agraire primitive qui leur permet de poursuivre leurs nombreux rites et pratiques religieuses d’une profonde spiritualité. Nous avons la chance à notre époque de pouvoir admirer ces formes d’art «primitif».
Alors que tous les peuples indigènes du monde occidental ont été absorbés dans le flux du monde moderne, les indiens huichols qui vivent dans des zones reculées du Mexique ont maintenu leurs traditions ancestrales.

Pendant des siècles, le terrain escarpé et éloigné de leurs montagnes a été un territoire protégé où les huicholes ont survécu et pu préserver leur culture, leur religion et leur art unique.

Dans un environnement sauvage, leurs besoins matériels et spirituels ont nourri un système de valeurs et un mode de vie qui se sont transmis de génération en génération à l’écart du monde.

Aujourd’hui la culture huichole est devenue une fenêtre sur le passé révélant l’héritage des traditions indigènes qui ont disparues pour la majorité dans la plupart des pays d’Amérique. Les huicholes croient eux mêmes qu’ils sont des «miroirs des Dieux» et qu’ils essayent de refléter la vision sacrée du monde à la fois physiquement et spirituellement.
Ainsi, par exemple, leur cultes aux divinités pour s’assurer la bienveillance des déités et la protection du peuple Huichol. En retour, la croyance veut que les déités enseignent aux Huichols une variété de techniques ésotériques qu’ils peuvent employer pour agir sur les éléments et maintenir l’équilibre délicat entre la vie, la mort, la maladie et la santé, l’abondance et la malchance.

Ces techniques comprennent le jeûne rituel, l’abstinence sexuelle, des pélerinages aux lieux sacrés et différentes pratiques de pénitences, purification, interprétation des rêves et les cérémonies du peyolt. Ce n’est que s’ils continuent à pratiquer ces rituels et ces techniques, que les Huichols pourront maintenir leur spiritualité.

L’art huichol est une extension des profonds sentiments religieux acquis par les Huichols au fil de leur participation au mode de vie traditionnel. Des cérémonies pratiquées régulièrement apprennent aux enfants l’importance de la communication avec le monde spirituel et leur enseigne les symboles représentant les habitants du monde invisible. Par leur art, les Indiens huichols encodent et documentent leur connaissance spirituelle. Ils expriment aussi leur croyance que les pouvoirs transcendantaux peuvent être communiqués à tout être humain qui se montre digne de cette connaissance sacrée.
L’art devient le support de cette sagesse ancienne et des pouvoirs de guérison.

Pour ceux qui prennent les voeux de l’initiation chamanique, la vie cérémonielle est l’échelle qui permet d’accéder à la croissance spirituelle et à l’atteindre. Les adolescents et les jeunes adultes consacrent dix à vingt années à la réalisation de leurs buts spirituels. Par les rituels et les cérémonies, on leur enseigne les formes de négociation avec le royaume sacré pour obtenir par exemple assez de pluies et des bonnes récoltes, des enfants en bonne santé, des animaux en abondance et la protection contre les maux surnaturels et la sorcellerie.

La connaissance vient aux apprentis chamanes par les visions de peyolt. Les visions de peyolt sont considérées comme des dons des dieux, des récompenses à l’intention de ceux qui sont dans la conduite juste. Elles sont considérés comme des illuminations divines pour ceux que les dieux en jugent dignes. Les visions peuvent transporter un individu en dehors de la réalité ordinaire, révélant ainsi des ressources internes de connaissance et de pouvoir.

One Response to Un art support de la sagesse et des pouvoirs de guérison

  • cécile

    Très intéressant !
    Merci pour toutes ces précieuses informations !

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